L’inflation ne retire pas directement des euros de ton compte bancaire. Elle peut pourtant diminuer ce que ces euros permettent d’acheter. C’est cette différence, peu visible quand on regarde seulement son solde, que j’explore dans cet épisode de Cyber Indépendant. Je parle de dépenses quotidiennes, d’épargne, d’investissement et de revenus, avec une question centrale : comment garder une marge de manœuvre quand les prix changent ?
Le titre reprend celui de la vidéo du 1er juin 2026. Il faut cependant préciser le chiffre : les taux annuels de 2021 à 2025 conduisent à environ 15,4 % de hausse cumulée des prix entre les moyennes de 2020 et de 2025. Pour une somme non rémunérée, cela représente environ 13,3 % de pouvoir d’achat en moins sur cette comparaison, pas 15,4 % d’euros disparus. Je détaille le calcul ci-dessous, sans le confondre avec ton inflation personnelle.
Cette version écrite, vérifiée le 2 octobre 2026, conserve mon témoignage mais nuance les raccourcis du podcast. Les exemples de placements ne sont ni une recommandation personnalisée ni une promesse de rendement. Je n’ai pas fait auditer mon portefeuille pour cet article et je ne présente pas mes déclarations comme une performance financière certifiée.
Ton argent reste là, mais son usage peut changer
Imagine une somme destinée à un achat précis. Si le prix de cet achat augmente et que la somme reste identique, tu dois trouver un complément, choisir une autre solution ou reporter la dépense. Ton compte n’a pas forcément subi de perte nominale. En revanche, ta capacité à financer ce projet a changé.
C’est pourquoi je distingue le montant affiché et le pouvoir d’achat. Le premier se lit en euros. Le second dépend des prix auxquels tu peux réellement acheter les biens et services dont tu as besoin. Une augmentation de revenu peut compenser certaines hausses ; un revenu stable peut laisser apparaître un écart.
L’Insee définit l’indice des prix à la consommation, ou IPC, comme une mesure de la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages, à qualité constante. Il ne décrit pas exactement le coût de la vie de chaque personne. Pour moi, c’est un point de départ utile, pas une photographie exhaustive de ton budget.
Dans la vidéo, je rapporte mon sentiment face à certaines dépenses depuis le Covid. Ce ressenti est personnel. Il ne suffit pas à établir que tous les prix auraient augmenté de 20 à 30 %, ni à remplacer une série statistique. On peut prendre un sentiment au sérieux tout en recherchant ce qui l’explique concrètement.
Le calcul des cinq années : des prix en hausse, pas des euros effacés
Les chiffres Insee en moyenne annuelle sont de 1,6 % en 2021, 5,2 % en 2022, 4,9 % en 2023, 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025. Il faut multiplier les facteurs de hausse, car chaque variation s’applique à un niveau de prix déjà modifié :
1,016 × 1,052 × 1,049 × 1,020 × 1,009 = 1,1539215 environ.
La hausse cumulée obtenue est donc d’environ 15,39 %. Ce calcul utilise des taux arrondis publiés et compare les moyennes annuelles de 2020 et de 2025. Ce n’est pas une mesure entre le 1er janvier 2021 et le jour où tu lis cet article. Une comparaison entre deux mois précis demanderait les indices de ces mois.
Prenons maintenant une somme fictive de 10 000 euros, sans rémunération ni mouvement. Avec ce facteur de prix, son équivalent en pouvoir d’achat de la période de départ devient 10 000 ÷ 1,1539215 = environ 8 666 euros. L’érosion correspond à environ 1 334 euros de pouvoir d’achat, soit 13,34 %.
Le solde reste pourtant de 10 000 euros. Dire qu’il n’en reste que 8 500 sur le compte serait faux. Même en supposant exactement 15 % de hausse des prix, il faudrait diviser par 1,15, et non retrancher directement 15 %. Cette distinction corrige l’exemple simplifié donné oralement dans l’épisode.
Pour une somme rémunérée, on doit aussi intégrer les intérêts effectivement reçus, les frais et, le cas échéant, les impôts. Le calcul précédent n’évalue donc pas le rendement d’un livret. Il explique uniquement l’effet d’un changement de prix sur une somme théorique qui ne rapporte rien.
Une inflation plus faible ne remet pas les anciens prix en place
Une confusion fréquente consiste à attendre une baisse générale des prix dès que l’inflation ralentit. Ce sont deux situations différentes. Si un prix passe de 100 à 105, puis de 105 à 106, il continue d’augmenter, simplement moins vite. Il ne revient pas à 100.
Dans ton quotidien, certains produits peuvent néanmoins baisser pendant que d’autres augmentent. Un indice d’ensemble ne signifie pas que toutes les factures évoluent dans la même direction. Il est donc possible de constater une baisse sur une dépense et de continuer à ressentir une tension sur une autre.
Je préfère éviter de mélanger moyenne annuelle, évolution sur un mois et glissement sur douze mois. Ces mesures répondent à des questions différentes. Dans cet article, le calcul des cinq années utilise exclusivement les moyennes annuelles annoncées, pour garder une méthode lisible et ne pas choisir des chiffres qui racontent une histoire plus spectaculaire.
Pourquoi ton budget peut raconter une autre histoire
Il faut corriger un autre raccourci de la vidéo : l’énergie fait bien partie de l’IPC d’ensemble. Ce n’est pas parce qu’une facture paraît évoluer différemment du chiffre national qu’elle est exclue du calcul. Les dépenses n’ont pas toutes le même poids dans l’indice ni dans ton propre budget.
Mon passage à une voiture électrique, que j’évoque dans le podcast, change mes dépenses de mobilité. Il ne fait pas disparaître le coût de l’énergie, ni le coût total de la voiture. De même, une personne qui parcourt beaucoup de kilomètres n’a pas le même panier qu’une personne qui travaille près de chez elle.
Pour comprendre ta situation, tu peux rapprocher tes factures, tes quantités et tes changements d’usage. Une facture plus élevée peut venir d’un tarif en hausse, mais aussi d’une consommation plus importante, d’un abonnement différent ou d’une dépense nouvelle. Sans cette séparation, on risque d’appeler inflation tout ce qui augmente.
Une observation simple consiste à suivre quelques dépenses comparables pendant plusieurs mois. Note le produit ou service, la quantité, le prix et la période. Cette démarche peut éclairer ton budget ; elle ne produit pas un nouvel indice national. Elle t’aide surtout à choisir une action utile plutôt qu’à rester devant un chiffre inquiétant.
L’épargne disponible a une fonction, même sans rendement spectaculaire
Dans le podcast, je pousse l’idée de faire travailler l’argent. Je ne veux pas que cette formule devienne une consigne consistant à investir tout ce qui dépasse le solde du mois. Une épargne de précaution sert à éviter qu’un imprévu ou une dépense prévue t’oblige à vendre un placement au mauvais moment.
L’AMF place la constitution d’une épargne disponible et sans risque avant la diversification de long terme. Ce principe contredit une lecture trop rapide selon laquelle un livret serait nécessairement une erreur. Un support peut être utile pour sa disponibilité et sa sécurité, même si son rendement n’est pas son principal intérêt.
Je mentionne oralement quelques mois de dépenses comme repère. Ce n’est pas une somme universelle. Un revenu variable, des personnes à charge, des frais professionnels ou un projet prochain peuvent modifier le besoin. Il faut regarder ce que cet argent doit financer avant de juger qu’il « dort » inutilement.
Un fonds réservé à des cotisations, à un équipement nécessaire ou à une échéance ne devient pas libre simplement parce qu’il figure sur le compte. Pour un indépendant, distinguer trésorerie professionnelle et argent réellement disponible est particulièrement important. Le solde bancaire ne représente pas toujours une capacité d’investissement.
Enfin, le rendement réel d’un support dépend de la période retenue. Affirmer qu’un livret ne peut jamais compenser l’inflation serait excessif. Il faut comparer sa rémunération effectivement applicable avec la hausse des prix sur la même période, et conserver les limites du placement dans la décision.
Bourse et ETF : une piste de long terme, sans protection automatique
Je raconte dans l’épisode investir sur les marchés depuis plusieurs années, notamment avec des ETF. Ce témoignage explique mon intérêt pour cette approche. Il ne constitue pas un relevé audité et ne permet pas d’affirmer qu’un lecteur obtiendra la même évolution, avec une date d’entrée ou une situation différentes.
Un ETF suit généralement un indice. L’AMF rappelle que sa valeur peut baisser et entraîner une perte partielle ou totale du capital investi. Il faut comprendre l’indice suivi, les frais, les risques et les informations du document d’informations clés avant de décider. Un produit simple à acheter n’est pas forcément simple à évaluer.
Dans la vidéo, je relie la hausse des prix des entreprises à la performance de leurs actions. Ce n’est pas un mécanisme garanti : leurs coûts, leur demande, leur financement et leur rentabilité peuvent aussi changer. Une entreprise peut augmenter ses prix et rester en difficulté. Son action ne suit pas automatiquement l’inflation.
Il faut également examiner ce qui est réellement diversifié. Détenir plusieurs fonds proches ne suffit pas à rendre toutes les expositions indépendantes. La question est de comprendre ce qui pourrait faire baisser l’ensemble, et si tu peux supporter cette baisse sans compromettre tes besoins prochains.
Le rendement nominal ne raconte pas tout. Dans un exemple purement hypothétique, un gain net de 4 % face à 3 % de hausse des prix donne un rendement réel d’environ 1,04 ÷ 1,03 − 1 = 0,97 %. Les taux doivent correspondre à la même durée. Ce calcul n’annonce pas la performance d’un produit.
Le PEA est une enveloppe, pas une garantie
Le PEA apparaît dans l’épisode comme une possibilité pour investir avec un cadre fiscal particulier. Il faut distinguer l’enveloppe et les placements qu’elle contient. L’intérêt éventuel d’une fiscalité ne supprime pas le risque des actions ou des fonds détenus, ni la nécessité d’un horizon adapté.
Selon Service Public, un retrait après cinq ans bénéficie en principe d’une exonération d’impôt sur le revenu sur les gains, mais les prélèvements sociaux restent applicables. Les conditions et les exceptions doivent être examinées selon le cas. Je ne présente donc pas le PEA comme un placement « sans impôts » ni comme une solution obligatoire pour tout résident français.
Avant de choisir un support, clarifie plutôt le projet, la durée, le besoin de disponibilité et le risque acceptable. Un avantage fiscal ne compense pas un placement mal compris ou de l’argent immobilisé alors que tu en as besoin. La fiscalité intervient dans la comparaison, elle ne remplace pas cette préparation.
Immobilier : séparer les possibilités du scénario idéal
Je parle aussi de mon expérience locative, de ce que je découvre et des difficultés possibles. Ce n’est pas une démonstration selon laquelle tout achat protège de l’inflation. Un logement est un projet concret, dans un marché particulier, avec des travaux, des charges, des règles et un financement à examiner.
Le scénario où le loyer augmente, le crédit devient moins cher et le logement prend de la valeur n’est qu’un scénario favorable. Il ne doit pas devenir l’hypothèse obligatoire du calcul. Une période sans locataire, une dépense importante ou un prix de revente inférieur peuvent modifier le résultat.
La révision d’un loyer n’est pas libre. Service Public rappelle notamment qu’en location privée elle suppose une clause du bail et qu’elle est encadrée par l’indice de référence des loyers. Des restrictions s’appliquent aussi selon le classement énergétique et la situation du logement. On ne peut pas annoncer une hausse automatique simplement parce que les prix augmentent.
Pour un crédit à taux fixe, l’échéance nominale ne suit pas directement l’inflation. Cela peut modifier son poids relatif si les revenus progressent. Mais si les revenus stagnent ou si les charges montent, l’effort à fournir peut rester difficile. L’inflation ne verse pas la mensualité à ta place.
Une baisse future des taux peut permettre de demander une renégociation ou un rachat. L’accord n’est pas automatique et l’opération peut comporter des frais. Il faut comparer le coût restant et les nouvelles conditions, pas seulement deux taux affichés. Acheter en supposant une renégociation certaine serait donc imprudent.
Je garde l’immobilier comme une piste à étudier, pas comme une instruction d’emprunter. Le coût total, la réserve nécessaire et un scénario défavorable doivent rester visibles. Une bonne histoire sur l’effet de levier ne remplace ni les documents du bien ni une analyse adaptée à ta capacité financière.
Diversifier les revenus sans inventer une sécurité totale
La diversification des revenus est le point du podcast le plus proche de mon activité quotidienne. Je travaille autour des contenus, de l’affiliation, des formations, de l’accompagnement et de mon agence. J’y vois une possibilité de réduire certaines dépendances, pas une preuve que plusieurs activités gagneraient toujours davantage qu’un salaire.
Plusieurs revenus peuvent reposer sur la même audience, la même plateforme ou la même disponibilité personnelle. Ils peuvent donc baisser ensemble. Les compter ne suffit pas à mesurer leur solidité. Une activité supplémentaire qui absorbe toutes tes soirées peut également diminuer ce que tu arrives à maintenir correctement.
Je préfère identifier une dépendance précise. Où arrivent les contacts ? Qui peut interrompre une vente ? Quelle dépense reste due même si le chiffre d’affaires baisse ? Cette carte rend le prochain choix plus concret que l’objectif abstrait d’avoir dix sources de revenus.
Si tu envisages une activité complémentaire, commence par un problème que tu sais traiter et par une proposition limitée. Vérifie aussi les contraintes de ta situation professionnelle avant de te lancer. L’entrepreneuriat n’est pas une obligation morale, et conserver un emploi ne signifie pas renoncer à toute autonomie.
Mon conseil de fonctionnement est de mesurer les recettes réellement encaissées, les dépenses et le temps. Un chiffre d’affaires ne correspond pas au revenu disponible. Une offre mise en ligne, un paiement attendu ou une simulation ne constituent pas non plus une preuve de rentabilité.
L’antifragilité comme intention, pas comme promesse
J’utilise l’image du bambou pour parler d’adaptation : essayer de garder assez de souplesse quand l’environnement change. Cette image m’aide à réfléchir. Elle ne prouve pas qu’un portefeuille ou une entreprise profiterait de toutes les crises, et elle ne constitue pas une méthode financière validée par cet épisode.
Dans une organisation concrète, je chercherais d’abord à préserver des choix : connaître mes engagements, garder une réserve adaptée et éviter qu’un seul événement impose une décision urgente. Cela peut conduire à simplifier plutôt qu’à ajouter un projet ou un placement.
Il est utile de poser un scénario défavorable avant le scénario ambitieux. Que se passe-t-il si une recette est retardée, si une réparation devient nécessaire ou si un placement baisse ? Une réponse réaliste vaut mieux que l’assurance générale d’être diversifié. L’objectif est de pouvoir réagir, sans prétendre supprimer l’incertitude.
Une démarche lisible pour faire le point
Tu peux commencer par séparer trois ensembles : ce qui sert aux dépenses courantes, ce qui couvre les imprévus ou projets proches, et ce qui pourrait être engagé plus longtemps. Ce découpage ne fixe aucune allocation universelle. Il aide à éviter de traiter tout l’argent comme s’il avait le même usage.
Examine ensuite quelques dépenses comparables et ton revenu réellement disponible. Choisis une amélioration observable : comprendre une facture, arrêter une dépense devenue inutile, mieux suivre ta trésorerie ou étudier un placement sans l’acheter immédiatement. Il n’est pas nécessaire de tout changer pour progresser.
Si un produit reste incompréhensible, suspendre la décision est une option. Tu peux rechercher ses frais, ses risques et ses conditions ou demander un avis professionnel adapté à ta situation. L’urgence de « battre l’inflation » ne devrait pas servir à contourner ces questions.
Pour la partie business, la formation offerte mentionnée dans la description de l’épisode et les formations Cyber Indépendant présentent les ressources disponibles. Je ne garantis ici ni un ancien code promotionnel ni un prix évoqué oralement. Une formation ne garantit aucun revenu et ne remplace pas un conseil financier personnalisé.
Tu peux aussi retrouver les nouveaux contenus dans la newsletter, ou découvrir le mentorat pour un sujet professionnel. Le point à retenir reste simple : comprendre la fonction de ton argent, les limites de tes sources de revenus et les risques d’un choix avant de vouloir accélérer.
Sources, méthode et avertissement
- Vidéo originale du 1er juin 2026 et transcription officielle : témoignage et pistes personnelles d’Alexandre Chaimbault.
- Insee : inflation moyenne en 2021.
- Insee : l’essentiel sur l’inflation, dont les moyennes 2022 à 2025 et la place de l’énergie.
- Insee : définition de l’IPC, portée et limites de l’indice.
- AMF : comprendre les ETF et leurs risques.
- AMF : précaution et diversification de l’épargne.
- Service Public : fiscalité du PEA.
- Service Public : indice de référence et révision des loyers.
- Service Public : renégociation ou rachat d’un crédit immobilier.
Sources consultées le 2 octobre 2026. Le calcul cumulé utilise des taux annuels arrondis et n’est pas une mesure personnalisée. Les illustrations de rendement sont hypothétiques. Aucun placement, achat immobilier ou résultat commercial n’a été testé ou audité pour cet article. Investir comporte des risques, notamment de perte en capital ; les performances passées ne garantissent pas les performances futures.