Alexandre Chaimbault
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La PRODUCTIVITÉ m’a épuisé (le piège du toujours plus)

Pourquoi chercher toujours plus de productivité peut devenir un piège. Mon retour d’expérience sur les priorités, les outils et une organisation plus sobre.

La PRODUCTIVITÉ m’a épuisé (le piège du toujours plus)

La productivité devrait me rendre plus libre, pas remplir chaque minute disponible. Pendant longtemps, j’ai pourtant fait l’inverse : j’ai multiplié les projets, les routines et les optimisations, jusqu’à avoir l’impression de ne plus faire autre chose que travailler. Le problème n’était pas seulement mon agenda. C’était le critère avec lequel je jugeais mes journées.

Dans cet épisode de Cyber Indépendant, publié le 29 juin 2026, je raconte comment un outil utile est devenu une course au toujours plus. Je ne te propose pas une nouvelle routine universelle. Je partage un retour personnel et une manière de choisir ce qui mérite réellement mon énergie.

Ce texte adapte la vidéo à la lecture. Les exemples de mon activité décrivent la situation racontée en juin, pas un état des lieux de tous mes projets aujourd’hui. Les résultats que j’évoque sont personnels : ils ne garantissent ni un revenu ni un gain de temps identique pour quelqu’un d’autre.

Écouter l’épisode sur la productivité

Le fil de l’épisode suit trois étapes : le piège du toujours plus, la confusion entre travail et réussite, puis le changement de critère qui m’aide à reprendre la main. Tu peux regarder la vidéo pour retrouver les nuances et les exemples dans leur contexte.

Au départ, je voulais simplement mieux m’organiser

Mon intérêt pour la productivité n’est pas né d’une envie de vivre devant un ordinateur. Je voulais mieux organiser mon travail. Sur un projet, j’avais tendance à m’éparpiller et à commencer par les tâches qui me plaisaient le plus. Chercher un ordre plus cohérent avait donc du sens.

Ensuite, j’ai voulu avancer plus vite. Une tâche d’une heure devait prendre cinquante minutes, puis quarante, puis trente. Là encore, rien de problématique en soi : raccourcir une tâche répétitive peut libérer de la place pour autre chose.

Le basculement est arrivé lorsque chaque moment a commencé à devoir justifier son utilité. Une activité qui ne produisait pas quelque chose ressemblait à une perte de temps. Mieux organiser mon travail ne suffisait plus ; il fallait aussi organiser ce qui n’était pas du travail.

C’est cette frontière que j’avais perdue. Écouter un podcast pendant un trajet peut être agréable. Le faire parce que je ne supporte plus qu’un trajet reste simplement un trajet devient une contrainte supplémentaire. Le geste est le même, mais son rôle dans ma vie change complètement.

Le toujours plus n’a pas de ligne d’arrivée

Dans la période que je décris, les repas pouvaient devenir des moments pour regarder des vidéos de business. Les déplacements devenaient des moments pour écouter des contenus professionnels. Même une promenade pouvait servir à enregistrer des messages vocaux et à rattraper des échanges.

Je ne dis pas qu’il faut bannir ces habitudes. Ce qui me dérangeait, c’était leur accumulation. Il n’y avait presque plus de moment qui échappait à l’objectif de produire. Au lieu de profiter d’une marche, je la transformais en un autre créneau de travail.

Et lorsque l’optimisation se combine avec plusieurs projets, la place gagnée se remplit aussitôt. Je fais une tâche plus vite, donc j’en ajoute une autre. Je gagne une heure, donc je lance quelque chose de nouveau. La journée devient plus dense, sans devenir plus libre.

Le danger, pour moi, est là : je ne mesure plus la valeur de l’organisation à ce qu’elle me permet de vivre. Je la mesure à ce qu’elle me permet d’empiler. Dans cette logique, terminer une tâche n’est jamais une arrivée. C’est seulement une occasion d’en faire davantage.

Être occupé et être efficace sont deux choses différentes

Une journée remplie donne facilement une sensation de sérieux. Les cases sont cochées, les messages partent et l’agenda paraît impeccable. Mais cette activité visible ne répond pas à la question essentielle : est-ce que je fais avancer ce qui compte vraiment ?

Je peux passer beaucoup de temps à entretenir un système d’organisation sans améliorer un projet. Je peux aussi terminer une petite tâche utile en peu de temps, puis considérer la journée comme insuffisante parce qu’elle ne paraît pas assez remplie. C’est un mauvais indicateur.

Les listes de tâches ont été un exemple très concret de cette confusion. J’ajoutais des choses en permanence. Chaque nouvelle idée trouvait sa place dans la liste, mais la liste cessait d’être un choix réaliste de travail. Elle devenait un inventaire de tout ce que je pourrais faire un jour.

Je ne rejette pas les listes. Je rejette le fait de prendre leur longueur pour une preuve d’ambition, puis de me reprocher de ne pas les vider. Une liste utile doit aussi m’aider à renoncer, à reporter et à distinguer les priorités des possibilités.

Mon énergie n’est pas une ressource infinie

Dans l’épisode, j’utilise l’image d’une barre d’énergie. Ce n’est pas une mesure médicale. C’est une façon simple d’expliquer ce que j’observe : je ne suis pas dans le même état au début et à la fin d’une journée, et toutes les tâches ne me demandent pas le même effort.

Tourner une vidéo ou un podcast me demande de la présence. Je dois parler, structurer mes idées et garder un ton cohérent. Ce n’est pas interchangeable avec une petite opération administrative. Remplir mon agenda sans tenir compte de cette différence pouvait rendre les tâches importantes beaucoup plus difficiles.

L’enregistrement de cet épisode pendant une période de chaleur illustre aussi cette limite. Je raconte que j’ai décalé certaines sessions de tournage. Le contexte du jour compte : une organisation prévue sur le papier ne rend pas automatiquement les conditions favorables.

Le changement n’a donc pas consisté à trouver une méthode qui me permettrait d’ignorer la fatigue. Il a consisté à décider avec davantage de lucidité. Continuer peut parfois être un choix cohérent ; continuer systématiquement pour prouver que je travaille beaucoup ne l’est pas.

Le regard des autres peut transformer le travail en représentation

Je me souviens aussi de situations salariées où partir le dernier semblait être un signe de valeur professionnelle. Rester plus longtemps pouvait devenir une façon d’être bien vu, même lorsque ce temps supplémentaire ne correspondait pas à une nécessité particulière.

Je distingue la conscience professionnelle de cette mise en scène. Terminer une tâche importante ou respecter un engagement n’a pas la même signification que retarder son départ pour afficher sa disponibilité. Dans le second cas, l’attention se déplace du travail vers l’image que je donne.

La comparaison en ligne peut produire un mécanisme similaire. Quelqu’un affiche une semaine très chargée, une routine impressionnante ou plusieurs entreprises. Je pourrais en déduire que je dois faire pareil. Mais une publication ne me donne ni l’ensemble de ses contraintes ni la pertinence de cette organisation pour ma propre vie.

Il y aura toujours un exemple plus intense que le mien. Si je prends cette intensité pour un objectif, je ne peux jamais considérer que j’en ai assez fait. Je préfère regarder mes résultats et mes choix plutôt que chercher à gagner une compétition d’heures travaillées.

Ne pas transformer l’épuisement en preuve de réussite

Le déclic que je raconte vient d’une fatigue persistante et de l’impression que le travail avait occupé toute la place. Je précise dans la vidéo que je n’ai pas vécu de burnout diagnostiqué. Je ne transforme pas ce ressenti en diagnostic rétrospectif.

Une précision est nécessaire concernant la référence à l’OMS dans l’épisode. Dans la CIM-11, l’OMS décrit le burnout comme un phénomène professionnel associé à un stress chronique au travail mal géré ; elle ne le classe pas comme une maladie. Le cadre vise le contexte professionnel, pas toutes les formes de fatigue ou de difficultés personnelles. Tu peux consulter son explication officielle.

Mon propos reste un témoignage sur ma manière de travailler, pas un protocole de soin. Si tu traverses une souffrance ou une fatigue qui dure, cet article ne permet pas d’en identifier la cause. Un professionnel de santé peut t’aider à évaluer ta situation.

Le filtre que j’utilise : ce que ça apporte et le temps que ça dégage

La question que je pose maintenant à une tâche n’est plus seulement : puis-je la faire plus vite ? Je regarde d’abord ce qu’elle apporte. Est-ce qu’elle sert réellement mon activité ? Est-ce qu’elle me libère du temps, maintenant ou plus tard ?

Dans un contexte professionnel, je m’intéresse aussi à sa rentabilité. Mais cela ne signifie pas que chaque moment de ma vie doit gagner de l’argent. Un repas avec des proches, une pause ou une activité de loisir n’a pas à passer par le filtre d’un rendement financier pour être légitime.

Il s’agit de remettre le business à sa place : un moyen de construire une vie qui me correspond. Si une tâche professionnelle me prend du temps sans produire de valeur ni améliorer un fonctionnement, je peux interroger sa présence. La faire impeccablement ne résout pas forcément le problème.

Je distingue également les horizons. Un projet peut produire un effet à court terme ou demander un effort plus long avant d’apporter quelque chose. Dans la vidéo, je raconte une période où je privilégiais davantage l’agence. Ce choix décrivait mon contexte ; ce n’est pas une règle disant qu’il faudrait toujours écarter les projets de long terme.

Faire du tri avant d’ajouter une nouvelle méthode

Je prends régulièrement du temps pour revoir mes projets, mes notes et mes habitudes. L’objectif n’est pas de conserver toutes les idées sous une forme plus élégante. Il est de décider lesquelles ne méritent plus de rester actives.

Une note ancienne peut contenir une bonne idée, sans correspondre à une priorité actuelle. Une habitude peut avoir été utile dans une période, puis devenir un automatisme que je ne questionne plus. Faire du tri me permet de distinguer ce que je choisis encore de ce que je continue par inertie.

Le réveil très matinal m’a donné un exemple concret. Me lever à cinq heures pouvait sembler avantageux. Mais pour préserver mon sommeil, cela réduisait aussi les soirées où je pouvais échanger avec des proches. Pour moi, le gain professionnel ne compensait pas toujours ce que je perdais ailleurs.

Je ne conclus pas que se lever tôt serait mauvais. Je conclus que copier un horaire ne suffit pas à améliorer une vie. Il faut regarder ce qu’il déplace : sommeil, relations, détente, obligations. L’organisation pertinente dépend du quotidien qu’elle doit servir.

L’IA peut libérer du temps, ou remplir encore davantage la journée

Dans cet épisode, je cite Claude Code, Codex et Cursor comme des outils qui m’aident à automatiser certains travaux. Je donne notamment l’exemple d’un générateur de miniatures adapté à mon activité, avec différentes propositions à partir d’un sujet et de photos existantes.

Cet exemple décrit un outil personnel au moment de l’enregistrement. Il ne constitue pas la preuve qu’un clic produit aujourd’hui, dans tous les contextes, des visuels prêts à être publiés. Les résultats doivent toujours être relus et contrôlés, notamment lorsque des informations ou des images précises sont nécessaires.

Le point important est ce que je fais du temps dégagé. Si j’utilise immédiatement toute la marge pour multiplier les nouvelles tâches, je retrouve le mécanisme de départ. Une automatisation peut améliorer un processus sans changer ma relation au travail.

Je cherche donc à supprimer une contrainte réelle, pas simplement à ajouter un outil intéressant. La bonne question reste celle du filtre : est-ce que cette mise en place apporte suffisamment de valeur, et est-ce qu’elle me redonne une marge que je peux choisir d’utiliser autrement ?

Arrêter un format peut être une décision cohérente

À la fin de l’épisode de juin, j’annonce l’arrêt de ce format de podcast après environ six mois. Je présente cette décision comme un choix d’allocation de mon énergie, pas comme la disparition de ma chaîne ou la fin de toute création de contenu.

Le podcast m’avait permis de partager des expériences, d’apprendre et de toucher de nouvelles personnes. Mais je regardais aussi le travail de préparation, de tournage et de montage, puis sa place dans mon activité. Un format apprécié peut rester moins adapté qu’un autre à un moment donné.

Je souhaitais alors revenir à des vidéos centrées sur des sujets précis et consacrer davantage d’énergie à d’autres activités. Cette annonce reste celle de juin : elle ne préjuge pas d’éventuels formats ou projets développés ensuite.

Pour moi, c’est une application très concrète du sujet de l’épisode. Il ne suffit pas de parler de choix ou de liberté. Il faut aussi accepter de fermer une option qui a eu de la valeur, sans considérer que tout ce qui s’arrête a forcément échoué.

Un point de départ simple pour ta propre organisation

Si tu veux reprendre l’idée sans adopter toute mon organisation, pars d’une liste de tâches réelle. Pour chaque élément, demande-toi à quoi il sert, quel engagement il permet de tenir et ce qui se passe si tu ne le fais pas maintenant.

Ensuite, distingue une tâche importante d’une tâche simplement rassurante. Réorganiser des notes peut être utile. Le faire pour éviter une décision plus difficile ne produit pas forcément le même effet. Ce petit examen ne remplace pas tes obligations ; il aide à les séparer du bruit.

Ne transforme pas non plus cet exercice en une nouvelle obligation de perfection. Le but n’est pas d’attribuer une note à chaque minute de ta journée. C’est de retrouver quelques décisions conscientes là où l’accumulation avait pris la main.

Mon idée centrale tient en une phrase : je veux une productivité qui me donne davantage de choix. Une journée réussie ne se limite pas à une longue liste cochée. Elle peut aussi laisser du temps, de l’attention et de l’énergie pour vivre autre chose que le travail.

Sources et prolongements

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